Trames

par Corinne C.

Trames 1, 2 & 3, trois tableaux de 2020, sont des œuvres emblématiques des pavages mokapiens. Dans la forme prédéfinie d’un cadre de 14 cm sur 19, la capsule de café, petite entité cylindrique de seulement quelques centimètres carrés, évolue du labyrinthe aux drapeaux en passant par le damier, le tout en respectant à chaque fois les contraintes d’une même chaîne de trame.

C’est là que se conjuguent une fois encore le talent et la formidable inventivité de Mokap qui à partir d’un matériel unique, voué généralement à être jeté après usage, parvient à créer et à surprendre.

Ecrasée, perdant tout volume, la capsule se déroule, se tourne, se plie, se tord, se montre à l’endroit comme à l’envers, s’allonge en des rectangles inégaux, se complait dans des carrés presque réguliers, se contorsionne en losanges ou encore tend vers le triangle. De ce matériau coloré, mat ou brillant, Mokap tire de nombreuses œuvres, dont ces Trames 1, 2 & 3.

La première est bicolore, juxtaposition de petits carrés et longs rectangles où se mêlent seulement le noir et le vert. Plus éclatante, la deuxième s’ouvre à la polychromie. Réveillés par l’éclat de l’argent, les tons sourds du premier tableau se marient alors avec les bandes orange, bleu et or. Dans Trame 3, le mouvement et la variété des formes viennent encore apporter une nouvelle dimension à la couleur.

Comme par un jeu de passe-passe, le labyrinthe sans issue de Trame 1 se mue en Trame 2 en un véritable pas de deux, dans une parfaite alternance qui conjugue couleurs et directions. Marchant deux par deux, respectant un rythme régulier, long et étroit, chaque rectangle de couleur, horizontal puis vertical, se voit réhaussé par l’éclat argenté de son partenaire. Une succession régulière de ces petits appariements semble ainsi se dérouler et se renouveler à l’intérieur du cadre.

Trente-neuf carrés et rectangles occupent l’espace en Trame 1. En Trame 2, soixante-dix-sept carrés bicolores forment un damier multicolore. En Trame 3, tout en restant dans le cadre d’une surface plane, savamment agencées, les petites capsules donnent l’impression d’acquérir une troisième dimension avec cette multitude de drapeaux comme soulevés par la brise.

Le rythme reste le même qu’en Trame 2, sept carrés bicolores dans la largeur, onze dans la longueur. Les couleurs sont identiques. Mais l’introduction de formes géométriques irrégulières et de losanges plus ou moins larges apporte mouvement et musique pour parachever cette trilogie, Trames 1, 2 et 3.

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