Bracelet

par Claire M.

Certes, cette manchette ne semble être au premier abord qu’une énième breloque dont la personne coquette s’affublera avec plaisir. Ainsi, elle trouvera toute sa place aussi bien dans une garde-robe capsule que dans le vestiaire bien tassé de la fashionista, et dans le pire déca elle finira au poignet d’un metalleux broyant du noir. Toutefois, l’oeil affuté y décèlera immanquablement une critique sociale sans filtre de notre société productiviste. En effet, si ce bracelet s’inscrit dans un héritage esthétique prestigieux, avec la reprise du motif à pois cher à Christian Dior et à Marilyn Monroe, il ne s’abstrait pas des conditions objectives de production du XXIe siècle et de ses rapports sociaux caractéristiques.

La répétition du motif – noir! – fera sourire l’esprit facétieux qui se souviendra non sans nostalgie de son premier visionnage des Temps modernes de Chaplin. Dans le même temps, la capsule Nespresso rappellera au stakhanoviste névrosé le rythme effréné auquel il se shoote de caféine pour suivre la cadence enragée de la ville. Point commun : la répétition uniforme dévorant ce qu’il reste d’un homme devenu machine, métro-boulot-espresso. Le charmant motif des pois devient alors d’immondes pustules engloutissant la main-automate. Tout simplement torréfiant… et de quoi donner du grain à moudre aux défenseurs de la cafetière à broyeur, qui a beau coûter un rein et la peau des fesses, laisse vos phalanges intactes.

Moralité : la capsule c’est bien, mais en trop grande quantité, ça vous bouffe la main.

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